Une échelle, vite une échelle

Novembre 2009 • le 23 à 20h
Château de La Roche-Guyon

Avec Michel Sigalla

de Nicola Gogol
Conception Yves Chevallier et Michel Sigalla.
Collaboration artistique Christine Friedel.

Produit par le château de La Roche-Guyon, ce spectacle est conçu pour aller à la rencontre du public du Vexin (avec deux représentations exceptionnelles à Paris)

Et si Gogol avait été enterré vivant ? Car il semblerait qu’à son changement de sépulture on l’ait retrouvé couché sur le côté... Il vous le dira lui-même, avec les mots du Journal d’un fou, du Manteau, ou du Nez, des fragments de son journal ou de son testament, avec sa tête poignante à mourir de rire. Molière russe, précurseur de Kafka : Gogol, avant tout, en quête d’absolu. « Une échelle, vite une échelle » auraient été ses derniers mots. Il faut monter au moins jusqu’au ciel, mais aussi rester au plus près des humbles, et même du public. C’est pourquoi Gogol nous invite à partager, autour d’une grande table, un bortsch bien populaire, bien roboratif, bien chaud. C’est Michel Sigalla qui porte cette épopée à une voix, avec la force, la folie, la fantaisie, l’émotion, et quoi encore, d’un Gogol qu’on ne pourra jamais enterrer.

Gogol a écrit dans les nouvelles pétersbourgeoises sa détestation d’une ville qui représentait LA ville et pour lui l’essentiel des tares de la société. Le Nez, le Manteau, le Journal d’un fou y sont autant de récits hallucinés et épouvantablement drôles de l’auteur inspiré et féroce des Âmes mortes et du Révizor.

Composé d’emprunts à ces nouvelles, de son testament, de ses écrits sur le théâtre et de nos propres ingrédients, nous proposons un voyage à “Gogolgrad“ à un nombre réduit de spectateurs attablés autour d’un bortch fumant. Goethe en mourant demandait « plus de lumière », Gogol, lui, réclamait « une échelle vite, une échelle ! ». Ce sera le principal accessoire de ce spectacle destiné à “itinérer“ dans le Vexin.
M.S et Y.C.

Si Yves Chevallier fait écriture de l’écriture des autres, ce n’est pas du tout du côté du pillage. C’est même exactement à l’opposé. C’est ce qu’on appelle monter un texte : le sertir pour en révéler l’éclat et en aviver les angles, le servir comme un ortolan sous sa serviette blanche Arômes à l’état pur. Ceux qui ont assisté aux représentations de Mon vieux Vilbure (éditions de l’Amandier) à partir du compagnonage entre Braque et Picasso, comprendront. Cette fois-ci, ils sont deux, avec Michel Sigalla, à faire oeuvre du plaisir d’intelligence qu’ils ont eu à lire Gogol. Un Gogol pas vraiment fou, contrairement à ce qu’il essaie de nous faire croire (plus la confusion troublante, dans le vocabulaire des enfants, entre la folie et son nom), mais solitaire, lucide, misogyne par défaut, mais Bref un inadapté génial, et drôle : avoir besoin d’une échelle pour monter au ciel ! Simplement un spectacle à l’échelle d’une échelle.
C.F.