Avec Juliette Plumecocq-Mech, Isabelle Gazonnois, Marguerita Juanpera
Pièce d'Emilio Carballido
Mise en scène d'Esther André
Orénoque évoque en moi la nostalgie des divas tropicales des années 50 et leur royaume : une Amazonie de studio de cinéma. Mina et Fifi laissent leurs robes de chambre flétries pour enfiler le rêve, un costume de rumbera de film mexicain de l’âge d’or. Plumes, paillettes. Poursuite, rampe et loupiotes. Chansons et chorégraphies au son du Boléro, du Mambo et de la Rumba. Un esprit de la Jungle, sorte d’Ariel de l’Amazonie, vole au-dessus du bateau.
Le tout en noir et blanc, un peu colorié à la main. Orénoque est une fable allégorique où l’auteur dénonce la misère et chante la liberté avec beaucoup d’ironie et de tendresse pour ses personnages. Il les révèle à nous dans toute leur humanité.
Leur situation est une métaphore sur notre existence où chacun a le choix entre la noirceur et la lumière pour affronter la vie. Un des grands thèmes de la pièce c’est la distance entre le désir et la réalité. Mina et Fifi aspirent à une vie pleine et libre. Elles essaient et, à chaque fois, elles échouent et tombent plus bas.
Ces deux artistes de la vie incarnent l’instinct, les forces vitales de l’amour et du désir. Elles font face à la répression (que se soit celle de la police, des maquereaux, de l’église, de la morale bourgeoise, ou des normes sociales) avec toute la force de leur être. Elles sont le désordre, le danger, en quelque sorte le paradis perdu, exubérant, luxuriant ; la Tentation.
Esther André
Metteur en scène
