Le ventre rouge

Mars 2004 • le 23 à 20h au • le 27 à 20h
de Mohamed Kacim

Valentina FAGO, Emmanuelle RIGAUD

Mise en scène de Emmanuelle Rigaud

Spectacle où l’écriture de poétesses algériennes et la danse nous racontent un monde poétique au féminin.

Cette danse appelée si joliment par la sociologue Fatima Mernissi : “danse d’auto-valorisation”, j’avais envie de lui faire rencontrer la parole si forte de ces auteurs algériennes. La danse orientale et la poésie de ces femmes sont deux écritures ancrées dans le corps.

Deux femmes nous font assister à leur intimité. Qui sont-elles ? Mère et fille, complices, ennemies, deux solitudes ou deux représentations d’une même femme ?

Intimité de femmes qui se sont construites contre quelque chose et qui prennent leur place par des modes d’expressions différents : danse, parole et écriture. Ce sont à chaque fois des façons de revendiquer une féminité.

Au delà de la question de la place des femmes dans les sociétés islamiques, c’est la place et le regard posé sur le corps des femmes, en général, dont je veux parler. Qu’en est-il de notre regard ? Accepterons nous, hommes et femmes, que ce corps si dérangeant ait aussi une parole ?

Tout cela se passe dans un monde poétique et suspendu qui représente un temps intérieur, intime, si difficile à se donner.

Faire se rencontrer une danse qui prend sa source dans la tradition arabe et la poésie de ces femmes de l’ Algérie depuis le début du 20ème siècle jusqu’à nos jours ; c’est faire se rencontrer deux langages investis par des femmes pour qui toute expression personnelle est une urgence.

Après avoir travaillé comme comédienne avec Stanislas Nordey et Mohamed Rouabhi, entre autres, ce spectacle est pour moi le début d’une démarche. Il tente de mettre en évidence ce que Mohamed Kacimi, auteur algérien, dit dans une de ses pièces : “ les femmes, c’est un complot pour la vie ”.

Emmanuelle Rigaud